La révolution du travail post-Covid a-t-elle vraiment eu lieu ? Reviewed by Kévin Deniau on . 18 mars 2025 Le monde du travail a été profondément bouleversé avec la pandémie, notamment avec l'émergence du télétravail. Mais cette révolution est-elle durab 18 mars 2025 Le monde du travail a été profondément bouleversé avec la pandémie, notamment avec l'émergence du télétravail. Mais cette révolution est-elle durab Rating: 0

La révolution du travail post-Covid a-t-elle vraiment eu lieu ?

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18 mars 2025

Le monde du travail a été profondément bouleversé avec la pandémie, notamment avec l’émergence du télétravail. Mais cette révolution est-elle durable ? C’est toute la question qui interroge les experts aujourd’hui, à l’heure où de plus en plus de voix prônent une sorte de contre-révolution.

« Le télétravail, ça ne marche tout simplement pas ». La charge est brutale et vient d’un patron les plus emblématiques de Wall Street : Jamie Dimon, le dirigeant de la banque américaine JP Morgan.

Déjà peu adepte du travail à distance, ce dernier a acté, début mars, le retour des équipes à temps plein au bureau. Questionné à ce sujet lors d’une réunion à propos d’une pétition réclamant le maintien du télétravail, Jamie Dimon a laissé éclaté son agacement :

Vous savez que j’ai raison là-dessus. Beaucoup d’entre vous, quand vous êtes sur le satané Zoom, faites les choses suivantes : vous regardez vos e-mails, vous envoyez des messages pour vous moquer d’un collègue, vous n’écoutez pas, vous ne lisez pas les slides… bien sûr que cela freine l’efficacité, la créativité et que c’est de l’impolitesse ! ».

Avant de poursuivre :

Le télétravail ne fonctionne pas pour la créativité, et cela ralentit la prise de décision. Et ne me dites pas que le travail depuis la maison fonctionne le vendredi ! J’appelle beaucoup de monde le vendredi, et il n’y a jamais personne qui me répond ! »

Des propos, dont la bande sonore a été partagée à la presse, qui ont évidemment fait réagir.

Si vos équipes se désengagent en visio, si personne ne répond le vendredi, si tout ralentit… ce n’est PAS la faute du télétravail. C’est surtout le symptôme d’un leadership défaillant », analyse sur Linkedin le conférencier sur le futur du travail Samuel Durant.

Une contre-révolution post-Covid ?

Une polémique qui témoigne d’un enjeu plus global : le tiraillement actuel entre le retour aux principes pré-Covid et l’acceptation de nouvelles normes RH faisant suite à la pandémie.

« Que reste-t-il de la révolution du travail post-Covid 19 ? Â» se demande ainsi Romain Bendavid, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, un think tank français, dans une étude récente sur le sujet.

Plusieurs signaux témoignent d’une volonté de rétropédaler, de se montrer moins conciliant vis-à-vis d’attentes dont on considère qu’elles nuisent à l’engagement des actifs envers leur travail. S’agit-il d’une contre-révolution en réaction à la révolution venue des salariés dans leur manière d’envisager le travail ? », se demande-t-il ainsi, en remarquant la petite musique qui se fait entendre autour de la nécessité de faire revenir les effectifs sur site.

Pour le spécialiste du climat interne en entreprise et des enjeux sur le rapport au travail, le problème du télétravail vient également du fait qu’il est plébiscité par les jeunes actifs. « Son assimilation à de la paresse fonctionne d’autant mieux qu’elle renvoie à celle historiquement assimilée aux jeunes générations », indique-t-il.

Toutefois, pour lui, il s’agit avant d’un enjeu de gestion plutôt que d’organisation du travail. Autrement dit, de manque de formation des gestionnaires pour animer leur équipes à distance et sur l’anxiété que génère le contrôle à tous les étages qui se traduit par une perception accrue d’être surveillés et de devoir contrôler leurs collaborateurs.

Culture de l’écoute et de la confiance

Que conclut Romain Bendavid ? Globalement, « que la prise en considération de ce mouvement aspirationnel profond, qui s’est accéléré chez les actifs après la crise sanitaire, n’est pas incompatible avec l’objectif de productivité des entreprises, même si cela s’avère être plus compliqué dans les petites structures ».

Il peut même être bénéfique pour renforcer l’engagement des collaborateurs… mais dépend surtout d’une évolution des mentalités et qu’à la condition de reposer sur une culture centrée sur l’écoute et la confiance.

Tout un programme, à entendre les propos de Jamie Dimon.


A propos de l'auteur

Journaliste numérique - Isarta Infos

Passionné par le marketing et les nouvelles technologies, Kévin a travaillé en tant que journaliste économique. Il a également été entrepreneur. Vous pouvez le contacter sur Twitter @kdeniau ou par courriel kevin.deniau@isarta.com

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