Entrevue d’embauche : LA question à poser pour détecter les «frimeurs» Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 8 octobre 2021 Plusieurs sondages ont par le passé suggéré qu’une large proportion de candidats mentaient ou embellissaient la réalité sur leur CV ou en entrevu 8 octobre 2021 Plusieurs sondages ont par le passé suggéré qu’une large proportion de candidats mentaient ou embellissaient la réalité sur leur CV ou en entrevu Rating: 0

Entrevue d’embauche : LA question à poser pour détecter les «frimeurs»

8 octobre 2021

Plusieurs sondages ont par le passé suggéré qu’une large proportion de candidats mentaient ou embellissaient la réalité sur leur CV ou en entrevue (78% d’entre eux, selon un coup de sonde de 2020). Elon Musk utilise une question toute simple pour détecter s’il a devant lui un génie ou un «frimeur». Intrigant, n’est-ce pas? Et sachez que sa technique est loin d’être de la « frime », car elle est aussi utilisée par des enquêteurs qui cherchent à déterminer lorsqu’un suspect leur dit la vérité.

En 2017, lors d’une participation au Sommet du gouvernement mondial, Elon Musk s’est fait demander comment il s’y prenait pour mettre en place une équipe d’élite pour réaliser ses projets les plus ambitieux. Le fondateur de Tesla avait alors répondu cette perle :

Lorsque j’interviewe quelqu’un, mes questions principales sont toujours les mêmes. Dis-moi l’histoire de ta vie. Les décisions que tu as prises en cours de route, et pourquoi. Et aussi, parle-moi des projets les plus difficiles sur lesquels tu as travaillé; et comment tu les as résolus. Cette question est vraiment importante : les personnes qui ont vraiment résolu un problème savent exactement comment elles l’ont résolu. Elles connaissent les petits détails. Et les personnes qui prétendent avoir résolu le problème – elles peuvent peut-être aller au premier niveau [d’explications], mais ensuite elles bloquent. »

En fait, le président de Tesla avait amorcé sa réflexion dans une entrevue antérieure accordée à Auto Bild, où il avait déclaré :

Bien sûr que l’on veut s’assurer que si une personne a des accomplissements significatifs, elle en est réellement responsable. Habituellement, les personnes qui ont vraiment bûché sur un problème en comprennent les détails et elles ne les oublient pas. »

La question « qui tue », donc, consiste à demander à un candidat de parler du problème le plus difficile qu’il a résolu dans sa vie; et, en écoutant les détails qu’il apporte à sa réponse, juger de la véracité de son compte-rendu.

Toutefois, il faut reconnaître que la question a de quoi désarmer. Et, pour y répondre avec succès, le candidat doit être dans le bon état d’esprit. Elon Musk explique d’ailleurs qu’il commence par demander aux candidats qu’il rencontre de raconter «l’histoire de leur vie» – on peut présumer que c’est pour les mettre dans le bain de ce qui va suivre…

En réalité, parler ouvertement du « plus grand problème que l’on a résolu » prend un minimum d’ouverture et d’inhibition. Elon Musk lui-même, pendant la conférence du Sommet du gouvernement mondial, s’est fait demander à brûle-pourpoint quel était le plus grand casse-tête qu’il a résolu. Le président de Tesla a dû réfléchir une bonne minute avant d’engager sur le sujet.

Une étude fait écho à la technique d’Elon Musk

Si la question d’Elon Musk est revenue dans l’actualité cette année, c’est parce qu’une étude publiée au début de l’année vient y donner une assise scientifique. Cody Porter, chercheuse en psychologie à l’Université de Portsmouth, a écrit un article sur le site The Conversation au sujet d’une nouvelle technique d’interrogation appelée « Asymmetric Information Management (AIM) technique », qui consiste à regarder quelle stratégie de réponse adopte la personne interviewée dans un contexte d’enquête.

Ces approches postulent que les stratégies et les processus mentaux adoptés par les gens qui disent la vérité sont différents de ceux qui mentent », explique la chercheuse.

Les gens qui disent la vérité ont tendance à donner beaucoup plus de détails dans leur déposition, a révélé l’étude.

Les «diseurs de vérité» ont généralement tendance à vouloir démontrer leur innocence en fournissant beaucoup d’information détaillée (…) L’étude a démontré qu’en utilisant la technique de AIM, on peut augmenter les chances de détecter une personne qui ment de 70%. »

Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Email: pj_poirier@isarta.com

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