Le mystère de la caméra «fermée» en réunion Zoom enfin résolu! Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 11 novembre 2021 Ils sont minoritaires, mais ils ne fléchissent pas. Malgré la pression sociale. Malgré plus d’un an et demi de télétravail effectué dans l’isol 11 novembre 2021 Ils sont minoritaires, mais ils ne fléchissent pas. Malgré la pression sociale. Malgré plus d’un an et demi de télétravail effectué dans l’isol Rating: 0

Le mystère de la caméra «fermée» en réunion Zoom enfin résolu!

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11 novembre 2021

Ils sont minoritaires, mais ils ne fléchissent pas. Malgré la pression sociale. Malgré plus d’un an et demi de télétravail effectué dans l’isolement de leur résidence. Et après ô combien d’articles, de courriels et de mémos sur les vertus de la caméra ouverte. Ils continuent, sans sourciller, d’entrer dans des réunions virtuelles sans ouvrir leur caméra. Qui sont ces gens (« who are these people!», dirait Seinfeld) qui refusent de nous montrer leur beau sourire et, accessoirement, la tapisserie de leur chambre à coucher?

Il y a quelques semaines, nous avons mené un petit sondage maison sur LinkedIn afin de savoir combien de gens étaient de réels partisans de la caméra «fermée»; ce sondage n’est pas scientifique, mais il donne tout de même une idée de l’étendue de ce mouvement.

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Source : voir la publication LinkedIn ici

Il est minoritaire, de toute évidence. Pour comprendre les motivations qui sous-tendent ce choix, nous avons posé la question directement à quelques participants au sondage. Voici leurs réponses.

1. Protéger la vie privée

Étienne Hamel se décrit comme une personne sociable, qui adore le networking. Or, pour lui, la caméra ouverte dans les rencontres virtuelles, c’est une fin de non-recevoir. Il habite dans un appartement deux et demi avec sa conjointe, explique-t-il. Il n’a donc pas le luxe de s’aménager une pièce exclusive au travail.

Soit je travaille dans la chambre – où ma femme étudie également – soit je travaille dans la cuisine, qui est toute petite. Chaque membre de ma famille a le droit au respect de sa vie privée. » 

Il désire aussi se protéger d’une humiliation publique.

Combien de fois a-t-on vu un incident du genre dans les médias : un enfant nu qui court en arrière-plan… ou une personne qui se met dans l’embarras parce qu’elle a oublié d’éteindre sa caméra! »

2. « Je n’ai pas de caméra! »

Avec la prolifération des laptops comme outil de travail, on oublie que certaines personnes continuent de travailler sur un bon vieil ordinateur avec une « tour ». C’est le cas d’Alain, qui est traducteur. Son ordinateur est dépourvu de caméra. Aimerait-il en avoir une?

Non, jamais! Quand des clients me demander pour faire une rencontre ZOOM, je dis que je ne suis pas intéressé. Je ne mets aucune photo de moi ou de ma famille sur Facebook, LinkedIn et Instagram. Et je veux que ça reste ainsi. »

3. Mauvaise bande passante

Étienne Hamel rappelle que les infrastructures de communication ne sont pas toujours au point, elles non plus.

Nous avons eu une rencontre à 10 personnes, alors que nous étions dans un endroit où le réseau est plus ou moins bon. Lorsque chacun a ouvert sa caméra, la rencontre s’est mise à couper et se déconnecter à tout bout de champ; ça en devient déplaisant donc on décide de fermer nos caméras pour permettre le bon fonctionnement de l’application. La réalité est que ce n’est pas tout le monde qui a accès à un bon réseau donc, encore une fois, certaines personnes sont mieux de laisser leurs caméras fermées. »

4. Pour réduire les distractions

Magali Baril accepte d’ouvrir sa caméra lorsque la situation « l’exige » – pendant une entrevue ou une rencontre individuelle. Toutefois, lors des réunions hebdomadaires, c’est non.

Le but d’une réunion ne devrait pas porter sur l’image que je renvoie, mais bien sur ce que j’ai à dire et sur la contribution que je peux apporter à la réunion. En fermant ma caméra, ça me permet aussi de me concentrer sur le sujet de la rencontre. Autrement, je passe mon temps à me regarder! »

5. Pour fuir la mise en scène

Nicolas, qui travaille dans le secteur bancaire, ne se gêne pas pour dire qu’il ferme sa caméra pour se soustraire aux attentes que pourraient avoir ses interlocuteurs au niveau du décorum d’une rencontre.

Je travaille pour une banque, mais je suis en t-shirt la plupart du temps en télétravail. Quand la caméra est fermée, je peux faire autre chose dans les réunions longues. Exemple: m’allonger sur mon lit et réactiver mon micro quand je dois intervenir. »

Mentionner que la pression attribuée à la « représentation de soi » pendant une rencontre est largement documentée; nous en avions récemment abordé le sujet dans un article.

Salutation donc à tous les visages « anonymes » qui choisissent la caméra fermée!

A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Email: pj_poirier@isarta.com

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