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TRU Montréal 2022 : Durs constats dans le monde du recrutement !

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De gauche à droite : les animateurs Sébastien Savard, cofondateur de Sourcinc, et Patrick Dubois, fondateur de Humanify, lors de la première «non-conférence» de la journée dans la salle Isarta (Source : Charlène Brahim de l’agence de recrutement Humanify)

7 décembre 2022

Dix ans après la première édition, le concept de #TruMontréal n’a pas changé : le but demeure de réunir des professionnels du recrutement pour qu’ils puissent apprendre et échanger sur leur pratique, et ce, à peu de frais, sans autopromotion, sans petit autocollant sur la poitrine et surtout, sans conférences formelles. Le résultat est saisissant : on obtient un portrait à vif de l’état actuel du recrutement.

L’événement – dont Isarta est partenaire – avait lieu ce mardi 8 novembre. Une centaine de professionnels provenant du monde du recrutement ont convergé vers la Grande Bibliothèque et ses grands espaces lumineux pour échanger et aussi apprendre sur leur pratique, tout en croquant un biscuit « fait maison » – signé « #TruMontréal » ou « Les Sources humaines – au design des plus inspirés.

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Biscuits à l’effigie de #TruMontreal (Source : Philippe Jean Poirier)

Le mot de bienvenue de l’organisatrice Sandrine Théard a donné le ton de la journée : la fondatrice des Sources humaines s’est désolée que, malgré la pénurie de main-d’œuvre, les employeurs peinent à rehausser leurs pratiques de recrutement.

Je sais que je n’ai pas à vous convaincre de soigner l’expérience candidat, a-t-elle précisé aux recruteurs venus participer aux échanges. Toutefois, s’il y a des gens qui ont des solutions pour sensibiliser les employeurs sur le sujet, nous sommes preneurs! »

Tout au long de la journée, les constats étaient durs sur le monde du recrutement. Une recruteuse qui voit des employeurs fondre en larmes devant un candidat, tellement ils sont désespérés de trouver de la main-d’œuvre. Une directrice d’agence qui craint la récession à venir et qui prévient déjà ses nouvelles recrues que les prochains mois ne seront pas aussi « enivrant » que l’été dernier.

Une autre participante note un écart grandissant entre les demandes salariales des candidats – qui pensent avoir le gros bout du bâton – et les offres salariales des entreprises, de plus en plus prudentes face une récession annoncée. Le coup de frein brutal, qui nous amène d’une pénurie à une récession, force les recruteurs à gérer une charge de travail en forme de montagne russe.

Sébastien Savard, cofondateur de Sourcinc, a le mieux résumé cette réalité dans la première «non-conférence» de la journée:  

Lors de l’intégration, une des premières phrases que je dis à mes nouveaux recruteurs, c’est : tu vas toujours en avoir trop… ou pas assez. Il faut accepter que, parfois, on soit surchargé. Et qu’à d’autres moments, on a beaucoup de temps devant soi. » 

Quand le « fit » devient un source de discrimination

Plus tard dans la journée, l’échange sur la diversité – animé par Hélène Priam Legallais et intitulé Diversité et inclusion, on le dit mais on ne le fait pas – a donné lieu à un défouloir collectif contre les employeurs qui tiennent un discours de diversité sans poser d’actions concrètes pour la rendre effective dans leur entreprise.

Moi, je suis simplement découragée, a dit une participante nommée Patricia. Chaque année, on se fixe des objectifs et on répète les mêmes phrases magiques. Or, dans la réalité, c’est très difficile d’insérer de la diversité dans les entreprises. Souvent, la discrimination se fait de manière détournée. On va demander l’année de diplomation pour déduire l’âge du candidat. On va mettre en doute la validité d’un diplôme obtenu à l’étranger. On est en pleine pénurie de main-d’œuvre et les entreprises se permettent encore de mettre des gens de côté en raison de leur âge, de leur couleur de peau ou parce qu’ils ne « fitent » pas… Le fameux mot « fit », moi, je ne suis plus capable de l’entendre!! On a de bonnes intentions, mais ça n’aboutit pas. »

D’autres ont souligné l’ironie de dirigeants affirmant que, dans leur entreprise, « c’est l’ONU », alors que la diversité n’est présente que parmi les employés « de plancher » et aucunement au sein de la direction.

Se laisser tenter par TikTok

Une autre « non-conférence » qui a connu beaucoup de succès est celle portant sur la plateforme TikTok, animée par Alexandre Turcotte. Or, plutôt que d’assister à un échange où chacun partage ses expériences, le cofondateur de l’agence HEYA – qui se spécialise dans la plateforme chinoise – a essuyé un barrage de questions pour comprendre comment utiliser TikTok de manière optimale.

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Non-conférence sur TikTok animée par Alexandre Turcotte, fondateur de l’agence HEYA, dans la salle Isarta (Source : Sandrine Théard)

Il n’y a pas de surprise ici : seules 4 personnes présentes dans l’assistance avaient commencé à l’utiliser dans un contexte professionnel, dont une dame représentante du secteur agricole qui a rencontré beaucoup de scepticisme de la part de son organisation.

Au cours de la rencontre, il a été question des meilleures heures de publication (quand l’auditoire cible est sur la plateforme), de l’importance que prend TikTok en tant que moteur de recherche (des gens font des recherches par mot-clé) et quelques mythes ont été déconstruits au passage, dont celui que, non, TikTok n’est pas qu’une plateforme «de danse» et qu’il s’y trouve toutes sortes de contenu éducatif, dans une variété de secteurs d’activités. Et que les entreprises ont beau jeu de s’y positionner… plus tôt que tard!  

A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Email: pj_poirier@isarta.com

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